
Par notre rédaction – Juillet 2025
Une nouvelle forme d’escroquerie sévit sur les réseaux sociaux et les téléphones mobiles en Côte d’Ivoire. Sous couvert de prêts rapides, certaines micros financières illégales piègent les utilisateurs, exploitent leurs répertoires personnels et plongent des familles entières dans l’angoisse et le doute.
Le piège des “prêts immédiats”

Tout commence par une application ou un lien promettant un crédit facile et instantané à long terme. L’usager curieux télécharge l’application ou clique sur le lien, souvent sans lire les conditions. En arrière-plan, l’application accède alors aux contacts, messages, fichiers, et parfois même aux photos. Dans les jours qui suivent, des appels et messages commencent à parvenir d’abord au pigeon sans lui dire comment ils ont obtenu sont numéro, ils vous jouent la carte de l’agence avec qui vous avez pris un prêt et dont le délai a expiré — par la suite n’ayant gain de cause, c’est un pluie d’appels provenant de numéros sans cesse renouvelés à vos proches. Le ton est direct, menaçant :
“Votre frère (ou connaissance selon l’inscription faite dans votre répertoire) a contracté un prêt qu’il ne rembourse pas. Si vous ne payez pas, nous allons publier ses informations.” (montage fait à partir de photos prises dans sa galerie)
Un harcèlement psychologique organisé

Les escrocs s’attaquent non seulement à la personne ciblée, mais aussi à tout son entourage. Amis, collègues, membres de la famille reçoivent à leur tour des messages les incitant à faire pression sur la victime, qu’ils présentent comme un débiteur en fuite. Résultat : conflits familiaux, pertes de confiance et traumatismes psychologiques.
Des centaines de personnes se disent harcelées, certaines jusqu’à 20 appels par jour, avec des injures et des menaces déguisées, une diffamation en image de la personne. Et plus écœurant ce sont les nombreux numéros dont ils disposent. D’autres ont cédé à la pression et payé de l’argent pour “protéger leur nom”, alors qu’elles n’avaient jamais contracté de prêt.
Des acteurs bien connus… mais jamais inquiétés

Parmi les micros structures très souvent citées, plusieurs noms reviennent régulièrement :
Nouvelle Finance
Finance Quotidienne
Flèche Pro
Le Prêt
Prêt Immédiat
Ces entités opèrent sans siège identifiable ni autorisation officielle de la BCEAO ou des structures régulatrices locales. Elles changent fréquemment de noms, de logos, et utilisent des numéros fictifs en guise de référence sur les applications, et une plétore d’autres numéros de différents réseaux téléphoniques pour leur manipulation psychologique.
Silence des autorités, colère des citoyens

Malgré l’ampleur du phénomène, très peu d’enquêtes officielles ont été ouvertes. Sur les réseaux sociaux, des internautes dénoncent l’inaction des autorités et l’absence de réglementation stricte des plateformes de prêt numérique.
“Comment ces gens peuvent-ils accéder à mes contacts sans mon accord ? Pourquoi ne sont-ils pas arrêtés ?” s’interroge Mireille K., victime de harcèlement pendant plus d’un mois.
Conseils de protection
Les experts en cybersécurité appellent les citoyens à la vigilance :
Ne téléchargez jamais une application de prêt inconnue.
Refusez les autorisations d’accès aux contacts et fichiers.
Signalez immédiatement les numéros suspects.
Activez l’authentification à deux facteurs sur vos comptes.
Un combat collectif à mener
Face à cette menace numérique croissante, la société civile, les médias et les institutions ont un rôle clé à jouer. Informer, dénoncer, signaler… pour que ces pratiques cessent de se répandre dans un silence coupable.

🛡️ Si vous êtes victime ou témoin de ce genre d’arnaque, signaler à la Plateforme de Lutte Contre la Cybercriminalité (PLCC) en Côte d’Ivoire. Cependant, il est important de noter que la PLCC traite également de la cybercriminalité et reçoit les plaintes de particuliers et d’entreprises victimes de ce type de criminalité.
